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ous sommes tout juste de retour d’un séjour dans la région montagneuse et éloignée de Huehuetenango au Guatemala. C’était la toute première fois que Saint-Henri y mettait les pieds et ce dans le but d'y visiter Patricia Perez.

 
C'est après un court vol d'avion suivi de 5 heures de route plutôt accidentée que nous sommes arrivés dans une petite communauté nommée Hoja Blanca. C'est dans la charmante maison du caféiculteur Aurelio Villatoro que nous allions être hébergés pour les cinq prochains jours. Aurelio est l'une des plus longues relations d'achat (11 ans) de notre exportateur Onyx et héberge régulièrement leurs clients acheteurs de café venus d'un peu partout à travers le monde. 
 
Après une première nuit chez les Villatoros, nous avons repris la route afin de passer la journée chez Patricia Perez sur sa petite ferme de 5 hectares nommée El Diamante.

 

Patricia vit avec sa mère Auri et sa fille de 7 ans Iza dans leur petite maison simple, mais charmante donnant sur leurs patios de séchage. C’est suite au décès de son père il y a 14 ans qu’elle a repris la ferme, devenant la première femme à posséder une ferme dans la région. Ce n’est pas sans embûches qu’elle réussit à faire ce que plusieurs pensaient qu’elle n’arriverait pas à accomplir et elle opère aujourd’hui la plantation avec succès. Avec l’aide de Onyx Coffee, notre exportateur, elle arrive à vendre plus de 60% de sa production annuelle à des prix premiums.

Patricia Perez et sa fille

El Diamante est situé à flanc de montagne. Des plants de Caturra, de Bourbon et de Typica poussent à l’ombre de plusieurs arbres fruitiers: Citronniers, orangers, bananiers et abricotiers. Patricia a aussi récemment ajouté de petites parcelles avec du Geisha et du Maragogype. Quand je nous lui avons demandé quel était son plus grand challenge actuel, elle nous a parlé de l’entretien des routes. Les habitants de cette partie de Huehuetenango se doivent d’entretenir eux-mêmes les routes de terre en établissant des points de péage entre les villages et une taxe sur les sacs de cafés. Patricia doit donc payer environ 3$US par sac de cafés en parche afin de pouvoir les acheminer à Huehuetenango.

 

Patricia et sa mère sont très accueillantes. À notre arrivée, du pain fraîchement sorti du four nous attendait. Elle a ensuite entrepris de  faire le tour de ses lots avec nous afin de nous montrer en détail son procédé lavé double fermentation. Par la suite, elle nous a invités à souper avec un délicieux plat typique du Guatemala, le Pepian. Nous avons terminé le repas en dégustant sa propre torréfaction de son café ainsi que la nôtre, grâce au sac que nous lui avions apporté.

Patricia Perez et son café

Le soir venu, nous sommes retournés chez Aurelio Villatoro. Il est issu d'une famille de 12 frères et soeurs qui détiennent chacun des parcelles de terre sur la ferme familiale La Esperanza fondée par leur père en 1953. Ensemble, ils embauchent annuellement plus de 200 employés de la région de Huehuetenango. Aurelio est très impliqué dans sa communauté; il répare les camions de plusieurs de ses voisins et était le maire d’Hoja Blanca jusqu’à tout récemment.

Sa ferme à lui, un mélange de lots hérités de son père et de nouveaux lots, se nomme Finca Villaure. Il a 9 lots en tout sur sa ferme de 44 hectares qui entourent le village. Il y fait pousser majoritairement du Bourbon, Caturra et du Pacamara ainsi qu'une petite parcelle de Maragogype et de Geisha. Il utilise le traitement lavé a l'exception de quelques récents tests de naturels et de anaerobiques qui ne représente qu'un pourcent de son volume annuel. Son fils Rodin est agronome et est en charge de ces expérimentations. Son deuxième fils, Jenner, assure le contrôle qualité et les exportations dans leur tout nouveau lab de Huehuetenango. Ils forment ensemble une excellente équipe puisque leur ferme se démarque chaque année aux compétitions de la Tasse d'Excellence.

Le séjour chez Aurelio fut ponctué de longues randonnées sur les lots, de plusieurs cuppings, de délicieux repas typiques et de longues discussions. Ces échanges sont les plus importants; ce sont des occasions uniques de partager nos connaissances dans nos domaines respectifs et ainsi mieux comprendre nos différentes réalités et industries.

 

De retour à Guatemala City, nous avons pu déguster encore plusieurs lots de El Diamante et nous nous sommes arrêtés sur un lot sucré et floral aux notes de fruits rouges, chocolat et noisettes. De quoi saliver jusqu'a son arrivée au courant de l'été!